Le 16 mai 1926, un petit groupe d’élus socialistes prenant appui sur des spécialistes, artisans, employé et ouvriers fondent la Société Les Amis des Roses de Strasbourg-Schiltigheim. Patronnée par le Maire Adolphe Sorgus qui en assurera la présidence d’honneur durant de nombreuses années, l’association se voit attribuer en cession gratuite par la Ville une friche de 30 ares à côté du parc de la rue Contades. Cette décision répond aux objectifs politiques de la municipalité sortie des urnes un an plus tôt et déterminée à dynamiser la politique sociale au profit du monde ouvrier. Ainsi, au delà des secteurs prioritaires du logement, de l’éducation et de la santé, le monde associatif est appelé à diversifier les outils de socialisation en favorisant notamment les activités de plein air pour leurs bienfaits reconnus sur la vie familiale et l’hygiène de vie.
Pour créer et aménager la roseraie, l’association fit appel à l’expertise de spécialistes reconnus tels Joseph Muller, jardinier en chef du Jardin botanique de Strasbourg, Joseph Frick, jardinier en chef de l’Orangerie à Strasbourg et président de la Société des jardiniers Saint Fiacre de la Robertsau, fonctions qu’il exerça de nombreuses années. Son fils Jules Frick, architecte paysagiste, conçut les plans du jardin et présida à l’aménagement de la roseraie, selon un tracé régulier, dit “à la française”, des allées, de 150 massifs distribués en fonction de choix bien définis (variétés, couleurs, volumes, reliefs), d’un bassin et d’un jet d’eau. L’exécution de ces plans a reposé sur le travail titanesque d’horticulteurs, jardiniers et artisans locaux, tous professionnels, qui firent la démonstration de leur savoir-faire en donnant naissance à un jardin remarquable. Ces interactions ainsi que la propagation des connaissances sur la culture des roses contribuèrent également au partage de valeurs citoyennes tant au sein de la Société des Amis des roses qu’au delà – Vélo-Club, Concordia, La Fanfare, Fédération nationale de préparation militaire de France et des colonies, Souvenir français, etc … – le monde associatif étant particulièrement porteur de patriotisme français.
Interdite sous l’Occupation, pillée dans ses ressources, la roseraie renaît après guerre grâce à des bénévoles qui n’ont jamais cessé d’en prendre soin. Aujourd’hui, elle compte 2 300 rosiers en 320 variétés, entretenus par les membres de l’association avec le soutien des jardiniers de la ville.
Fondation de la « Société Les Amis des Roses de Strasbourg-Schiltigheim » et cession gratuite du terrain par la Ville de Schiltigheim.
Joseph et Jules Frick dessinent et supervisent les travaux : 150 massifs, allées, bassin, fontaine, rocaille, tonnelles.
L’association compte déjà 1 200 membres, dont 12 membres bienfaiteurs.
Interdiction par les autorités d’occupation ; des bénévoles poursuivent clandestinement l’entretien.
Célébration du centenaire — cent ans d’amour des roses au cœur de Schiltigheim.